Quelques jours dans une vie

Thierry Di Rollo, écrivain

{Helter Skelter}

Tribune

 

Encrage troisième (le lundi 17 avril 2008)


Je vous fais part du courrier envoyé aux Editions Encrage (A. Fuzellier), pour mettre un terme définitif à cette pantalonnade concernant mes deux romans "Number Nine" et "Archeur" et ainsi en récupérer les droits.

Monsieur,

En complément du courrier officiel me permettant la récupération définitive et inaliénable de mes droits sur mes deux romans parus chez vous, quelques mots pour vous dire tout ce que votre attitude déplorable m'inspire, concernant :

vos espoirs d'un calcul purement financier :

"Number Nine" et "Archeur" ne seront jamais repris en FolioSF, au vu des résultats de vente peu concluants que m'aura communiqués P. Godbillon à propos des rééditions de "La lumière des morts" et de "La profondeur des tombes" […] — une cruelle déception, à leurs yeux. "Meddik" est ainsi le dernier à pouvoir prétendre à une réédition, tout simplement parce qu'il a été accepté par Gallimard à titre du roman de la dernière chance. Et il n'y a, hélas, aucune raison que ce roman, extrême, exigeant — comme tout ce que j'écris —, se vende mieux que les deux précédents.

votre malhonnêteté :

J'ai toujours été obligé de réclamer les relevés des droits, chaque année, parce que sans cela, vous ne les auriez jamais transmis de vous-même, comme les contrats le spécifient, pourtant.
Vous avez tenté une fois de passer les deux romans, sur Amazon, en mode "Chercher au coeur" sans m'en avertir, en touchant probablement une rénumération de la part de cette société et dont je n'ai jamais rien su, évidemment.
Vous tentez une deuxième fois, en ce mois d'avril 2008, le même forfait, dans les mêmes conditions pitoyables.
Enfin, je sais que je ne verrai jamais la couleur de l'argent transmis à chaque éditeur par l'organisme Sofia pour les prêts de mes romans en bibliothèque, pour les deux années 2003 et 2004. Olivier Girard, mon éditeur, lui, l'a fait. Mais Olivier est un homme droit, et que j'ai bien qualifié d'éditeur.

Ce courrier aura les honneurs de la page d'accueil de mon site internet officiel, bien évidemment, dès son expédition effectuée.

[…] Je ne vous demande plus qu'une seule chose, maintenant: me laisser définitivement tranquille et me laisser récupérer mes droits !
Toutes les informations citées dans ce courrier sont vérifiables à tout moment.

Th. Di R.


Encrage deuxième… (le lundi 3 avril 2006)


Je vous livre ci-dessous le courrier que j'ai envoyé ce jour aux éditions Encrage.
Au responsable (ou ce qui en tient lieu) des éditions Encrage (ou ce qu'il en reste),

Je viens d'abord solliciter le paiement de mes droits pour l'exercice écoulé, puisque les deux titres « Number Nine » et « Archeur » sont toujours exploités.

Je tiens ensuite à préciser ceci:

L'arrangement entre Encrage et Amazon.fr concernant la fonctionnalité "Chercher au coeur" ne fait pas partie des supports media visés par les contrats régissant les deux romans "Number nine" et "Archeur"; je vous demande donc d'annuler au plus vite cet arrangement dont je n'ai été jamais informé, bien sûr, et que je n'aurais de toute façon jamais ni cautionné ni accepté si vous aviez eu le souci de m'en avertir.
Vous avez un mois pour redevenir honnête. Si tant est que vous en soyez capable.

Thierry Di Rollo.
J'avais déjà écrit dans la première tribune consacrée aux même éditions "Et c'est provisoirement terminé [...]." En voici donc la suite pitoyable.
Si vous le pouvez, n'ayez jamais affaire, de près ou de loin, avec cet éditeur.

Et c'est toujours provisoirement terminé pour cette tribune.


Encrage… (le samedi 7 août 2004)

Puisqu'il faut en parler:

Mes deux premiers romans ont été publiés chez Encrage, respectivement en 1997 et 1999 ("Number Nine" et "Archeur"). Cela remonte donc à quelques paires d'années, maintenant.
Alors, bien sûr, j'avais chaudement remercié Fuzellier — le responsable de cette maison d'édition — pour avoir accepté de me publier quand tous les autres refusaient par tropisme mes manuscrits. Gilles Dumay dirigeait la collection Lettres-SF, à l'époque, et avait fait montre d'un talent de persuasion rare pour convaincre ce microéditeur.
Alors, bien sûr, autant Fuzellier que moi y avons trouvé notre compte, dans cette alliance. Toujours par l'effet premier et déterminant du courage éditorial de Gilles.
Alors, bien sûr, ne m'auront été payés en temps et en heure que les droits de la première année d'exploitation des deux romans. Par la suite et jusqu'à ce jour, j'ai dû mendier à chaque fois ce à quoi j'avais indiscutablement droit.
Alors, bien sûr, après toutes ces années, Encrage ne propose mon livre qu'en commande. Sachant que le nombre d'exemplaires disponibles se raréfie, Fuzellier estime tout de même qu'il continue d'exploiter les deux titres et refuse de me céder la propriété de mes deux romans.
Alors, bien sûr, Olivier Girard, mon éditeur présent, ne pourra pas les rééditer et les proposer aux libraires en complément des deux autres romans sortis depuis ("La lumière des morts" et "La profondeur des tombes").

En conséquence, et puisqu'il faut toujours en parler:

J'ai écrit dernièrement à Fuzellier pour réclamer le paiement de mes droits d'auteur. Si je ne le sollicitais pas moi-même, il ne s'acquitterait pas, alors que les termes du contrat l'obligent à date fixe à me rémunérer pour le nombre d'exemplaires vendus au cours de l'exercice précédent. Voilà donc mot pour mot ce que je lui ai écrit en début de semaine:
À l'attention PRESSANTE de Mr Fuzellier:

Puisqu'à ce jour, le 2 août 2004, je n'ai toujours rien reçu, je réitère ma demande formulée le 29 juin dernier.
Les éditeurs sont tous des voleurs, c'est bien connu (je suis désolé, ton attitude ne m'a jamais prouvé le contraire — elle m'inspire même une profonde pitié). Mais, généralement, lorsqu'on les rappelle à l'ordre au sujet des droits — qu'ils ne règlent jamais en accord avec la date prévue par les contrats, évidemment —, ils ont la délicatesse de s'exécuter sans délai.
C'est pitoyable.
Ce sera de toute façon le sujet de ma prochaine digression sur mon site internet. Il n'y a aucune raison pour que je sois le seul à profiter de cette pantalonnade.
Rappel du dernier courrier envoyé:
Aussi, puisqu'ils sont toujours "exploités", et en me permettant cette légère avance sur le calendrier habituel (je te sollicite en général au mois de septembre de chaque année), te serait-il possible de m'adresser le relevé des droits de vente des deux romans en question?
Il m'a répondu en substance [je ne reproduis pas son message parce que je ne lui en ai pas demandé l'autorisation] qu'il voudrait que je l'imagine une seule seconde à sa place et qu'il m'était facile de jouer les victimes. Et que mes droits seraient réglés avant le 15 de ce mois d'août 2004.
La belle délicatesse… Pas même la dignité de me dire qu'il me réglerait au plus vite.

Les éditeurs ne sont pas tous des voleurs, bien sûr; j'étais franchement en colère. Et le suis toujours. Monsieur Fuzellier ne me respecte pas — parce qu'il me prend pour un imbécile. Bloque ma demande de rétrocession de mes deux romans sous prétexte d'une vente toujours possible en édition de poche alors qu'il n'effectue aucune démarche en ce sens, évidemment. Ne paie mes droits qu'à l'arraché, et encore, même dans ce cas, me reproche de me plaindre de ces retards infamants.
"Number Nine" et "Archeur", c'est moi qui les ai écrits. Et c'est cet homme qui m'interdit d'en disposer comme bon me semble après un nombre d'années d'exploitation pourtant plus que décent.
Certains écrivains sont parfois d'un comportement discutable vis-à-vis d'éditeurs honnêtes, j'en conviens; le contraire est tout aussi vrai, hélas.

Voilà donc à quoi ressemble, en France et au vingt et unième siècle, la condition d'un écrivain que certains qualifient de culte.
Je crois sincèrement que cela devait être dit.

Et c'est provisoirement terminé pour cette tribune.